Un seul pas

Un texte inspirant de Thich Nhat Hanh

" Un jour, lors d’une tournée d’enseignement en Chine, notre délégation du Village des Pruniers a eu l’opportunité de gravir la montagne sacrée Wutai Shan.
Au pied de la montagne, j’ai expliqué comment marcher. En inspirant, nous faisons un pas ; en expirant, nous faisons un autre pas. Comme il y avait des milliers de pas à faire pour parvenir au sommet et que nous voulions apprécier chaque pas, notre but n’était pas d’atteindre le sommet. Notre but était d’atteindre la paix et la joie à chaque pas. 
Je me rappelle très bien cette marche. J’inspirais et posais mon pied gauche sur une marche, puis j’expirais et posais mon pied droit sur une marche. Nous arrivions à gravir la montagne de telle sorte que le plaisir et la joie étaient possibles à chaque pas. Nous nous arrêtions toutes les dix marches pour regarder en bas et apprécier le paysage tout en continuant de respirer en pleine conscience. Puis nous reprenions notre marche. Les autres touristes arrivaient essoufflés au sommet de la montagne, mais nous, nous n’étions pas du tout fatigués.

Alors, que vous marchiez dans une gare, dans un aéroport ou le long d’une rivière, assurez-vous que chacun de vos pas vous apporte de la joie, de la détente et du bonheur. Chaque pas peut nous guérir, que nous marchions seuls ou accompagnés. Nous ne devrions pas passer à côté d’un seul pas. 
A chaque pas, nous arrivons dans notre vie. 
Chaque pas nous aide à cesser de courir, de courir non seulement avec notre corps, mais aussi avec notre esprit. C’est devenu une habitude de courir et nous ne sommes plus capables d’apprécier notre vie dans l’ici et maintenant. Alors, arriver vraiment et s’arrêter à chaque pas est un entraînement. Nous devons nous entraîner à nous arrêter.

Chaque fois que vous marchez, même sur une courte distance, que ce soit de chez vous à l’arrêt de bus ou du parking à votre lieu de travail, vous pouvez choisir de marcher de telle sorte que tous les pas vous apportent de la joie, de la paix et du bonheur. "

( extrait de « La Terre est ma demeure » )